Un petit clin d'oeil à nos cousins saxons, mais nos cousins germains n'ont pas été oubliés, et tout autre cousin de par le vaste monde peut apprécier chez lui notre Tournage dans la langue de son terroir...
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jeudi, décembre 13 2007
Par Les équipiers du Tournage, le jeudi, décembre 13 2007, 15:42 - L'image ou la phrase du jour
Un petit clin d'oeil à nos cousins saxons, mais nos cousins germains n'ont pas été oubliés, et tout autre cousin de par le vaste monde peut apprécier chez lui notre Tournage dans la langue de son terroir...
lundi, novembre 19 2007
Par Les équipiers du Tournage, le lundi, novembre 19 2007, 00:08 - Le spectacle image par image
En tous cas, beaucoup : la tension d'une histoire de passions et de fureur, la tension du regard entre le plateau et l'écran, et l'attention (bon, elle est facile, je sais) du public qui surplombe de part et d'autre l'arène.... Les jeux du cirque ?

dimanche, novembre 18 2007
Par Les équipiers du Tournage, le dimanche, novembre 18 2007, 23:54 - L'image ou la phrase du jour
C'est la mort des amants, en plein soleil, sur le gravier de Chalon, et vous remarquerez qu'il en faut plus à notre régisseur lumière pour perdre son sang-froid et son sens du devoir. Mais il les a déjà vus mourir tant de fois...

samedi, octobre 27 2007
Par Les équipiers du Tournage, le samedi, octobre 27 2007, 07:52 - L'image ou la phrase du jour
Dans les affres de la création... Ou est-ce l'amour des vieilles pierres qui le prend à la gorge ?
Non, il n'est pas seul, mais face à sa bande...
Bon, le gradin était pas mal, à ce moment-là...


vendredi, octobre 26 2007
Par Les équipiers du Tournage, le vendredi, octobre 26 2007, 13:34 - Le spectacle image par image
Dès les premiers réglages de l'après-midi, on se "cadre" autour d'elle, comme un tableau de famille...

mercredi, octobre 24 2007
Par Les équipiers du Tournage, le mercredi, octobre 24 2007, 12:29 - Les origines...
le récit merveilleux, en chair, en os et carton-pâte, en artifices et en images, de la rencontre fabuleuse des illustres amants de Cornouailles, de leur vie de folie et d’amour et de leur mort qui s’ensuivit. C’est bien à un tournage que les spectateurs sont conviés, avec ses acteurs, ses caméras, ses projecteurs, sa machinerie et ses figurants choisis sur place. Mais un tournage un peu particulier, puisque le réalisateur offre au public de découvrir simultanément ce qu’on y filme, l’histoire de Tristan et Iseut, et sa projection sur grand écran, par la magie d’un montage en direct.
jeudi, octobre 11 2007
Par Les équipiers du Tournage, le jeudi, octobre 11 2007, 17:38 - Le spectacle image par image
On ne sait plus trop où sont les cours et jardins...


lundi, octobre 8 2007
Par Les équipiers du Tournage, le lundi, octobre 8 2007, 17:04 - Le spectacle image par image
première vision comi-tragique d'un reportage tout en images de notre photographe quasi-officiel, Michel Wiart, à Chalon 2007
à suivre donc, de la mise en place du plateau de tournage au bouquet final...
Mais pour commencer, Luc dans la gueule du monstre...

Par Les équipiers du Tournage, le lundi, octobre 8 2007, 16:19 - Ce qu'ils en ont pensé...
Le vécu d'un praticien de la rue....
Article paru sur le réseau « rue » :
De : pierre.prevost@acidu.com Objet : rue Dans la série: peut-on critiquer les spectacles de nos petits camarades ? Date : 5 septembre 2007 23:50:57 HAEC À : rue@lefourneau.net
Séparer le fond de la forme est parfois un procédé pratique pour analyser un spectacle. Parfois c'est aussi totalement absurde, forme et fond étant si dépendants l'un de l'autre que tenter de les séparer ne peut que mener à l'erreur. La forme et le fond d'une bouteille nous intéressent beaucoup moins que son contenu c'est bien connu. En ce qui concerne "l'Eternel Tournage" de Amoros et Augustin, on ne peut cependant absolument pas y échapper. On a même plutôt intérêt à les séparer tant la forme aurait tendance à phagocyter le fond. Il faut dire que la forme est impressionnante de précision et d'inventivité. Il s'agit du tournage en direct d'un film incluant tant le montage que les effets spéciaux avec la projection simultanée du résultat en tant que film fini. Deux gradins se font face entourant un plateau de tournage où reposent sagement quelques éléments de décor et accessoires. Sans qu'on puisse vraiment distinguer les uns des autres comme on on distinguera difficilement les acteurs des techniciens tant les uns partagent à l'envie les tâches des autres. Projeté en grand écran et en noir et blanc, le film a du grain et les voix sont très légèrement décalées. Pendant tout le spectacle je penserai au 7ème Sceau de Bergman, forme et fond, pour une fois unis, m'y ramenant sempiternellement. Au départ on regarde beaucoup le plateau et peu à peu c'est l'écran qui prend tout: on regarde le résultat en jettant un vague oeil sur le plateau pour profiter des procédés qui engendrent ces images. Personnellement, j'ai dû passer un tiers du spectacle à regarder le plateau et le reste l'écran. C'est beau. C'est bien fait. Le jeu est fabuleusement concentré. L'histoire est celle de Tristan et d'Yseult la Blonde, interprétée par une actrice tout en lyrisme qui me faisait irrésistiblement penser à Orane Demazis, encore une référence. On pourrait penser que l'histoire n'est qu'un prétexte à combats, monstres, décors magnifiant la démarche. Ce serait une erreur parce qu'il y a bien une interprétation de cette histoire dans la façon dont elle est écrite, racontée, illuminée. Le couple éponyme y prend une dimension très singulière à l'aune du regard contemporain. L'amour, la mort, les contraintes qui les entourent et leur rebellion aussi enflammée que maladroite m'ont questionné, perturbé, et j'ai encore en tête cette très légère inquiétude que provoquent les idées qui ne tournent pas rond et ne rentrent pas sagement dans les cases du cliché. Cependant, en me levant à la fin du spectacle, je n'avais en tête que les autres directions qu'aurait pu prendre ce travail, dans le sens du polar, du loufoque, du western... L'arbre du tournage m'avait caché la forêt du film. C'est le très léger handicap d'Amoros que de s'être fait un renom sur des prouesses techniques et des prestations plastiques auxquelles on ne demandait pas un récit. Parce qu'ici, il y a bien un récit, une fiction, une histoire et qu'il serait dommage de passer à côté. Mais m'auraient-ils satisfait ou touché s'il n'y avaient eu ces conditions très spéciales de mise en spectacle ? Par la suite, on m'a parlé d'un autre spectacle reposant sur le même principe avec une équipe et des moyens plus réduits, et une efficacité burlesque, m'a-t-on dit, supérieure. C'est comme comparer un cirque à un autre cirque, un chanteur à un autre chanteur, Oposito à Royal, Annibal à ses éléphants. Pas foncièrement inique mais, la forme étant quasiment nouvelle et donc rare, les raccourcis en deviennent cinglants et parfois injustes. L'"Eternel Tournage", titre assez incongru finalement au vu du résultat, et dont je soupçonne que le mot "éternel" fait plutôt allusion à l'intemporalité du mythe quand le tournage est, quant à lui, essentiellement ancré dans l'instant, l'"éternel tournage" donc, n'est pas burlesque et raconte quelque chose de précieux. Mais qu'on peut perdre facilement en cours de route. C'est la limite et la leçon de l'exercice.
C'était à Aurillac et c'était gratuit, à condition de venir une heure auparavant récupérer son billet.
Bisatous
Pierre
P.S. : Mon amie Chantal me fait remarquer que "L'éternel tournage" , fait très probablement référence à "L'éternel retour", film de Jean Delannoy (1943) avec Jean Marais et Madeleine Sologne, qui reprenait le mythe de Tristan et Yseult ..film lyrique ..et fort beau ! ça parait évident quand on y pense. Sauf que je l'ai loupé Donnerweter!!!
Pierre
mercredi, octobre 3 2007
Par Les équipiers du Tournage, le mercredi, octobre 3 2007, 11:35 - Ce qu'ils en ont pensé...

Le Figaro, samedi 25 août 2007
Scènes de la vie courante dans les rues d'Aurillac
Par Françoise DARGENT
(…)Fracas de trompette Ainsi va le Festival d'Aurillac, le plus important du genre en la matière, entre grosses colères et petites séductions, oscillant entre le fracas de la trompette des amuseurs de passage, qui font sursauter les festivaliers, et les artifices des artistes qui les attirent la nuit tombée grâce des images projetées sur un mur. Car pour certains artistes, ce théâtre permet encore des exercices de style que seule la rue est capable d'offrir. À l'instar de la compagnie Amoros et Augustin, qui revisite le mythe de Tristan et Yseult. Sagement assis sur des gradins, les spectateurs assistent au tournage d’un film consacré aux deux amants : une production à petit budget, un décor en carton-pâte, des acteurs qui multiplient les rôles. Les scènes se jouent sous leurs yeux et alimentent au fur et à mesure le film en noir et blanc qui est projeté sur le mur d'un immeuble. Le spectateur, embarqué et vite conquis, ne sait plus où donner de la tête. Les esthétiques se bousculent, celle du film muet et du soap opera. La belle légende doit se confronter au monde de l'artifice et du trucage. Le professionnalisme s'accommode du système D. Et lorsque la pluie commence à tomber, on sort les petits parapluies pour protéger les caméras. Du vrai théâtre de rue en somme.
mercredi, juillet 4 2007
Par Les équipiers du Tournage, le mercredi, juillet 4 2007, 10:48 - L'image ou la phrase du jour

vendredi, juin 29 2007
Par Les équipiers du Tournage, le vendredi, juin 29 2007, 19:39 - Sur la route !
Ce ne fut pas sans mal, il fallut braver les éléments, mais c’est fait, et bien fait !
Ça s ‘est passé à Nogent-Le-Rotrou, dans cette verte contrée du Perche, pendant un des week-ends organisés par l’énergique équipe d’Excentrique
Après un montage entre deux averses, trois coups de vent et un orage, nous avons dû déclarer forfait le premier soir : pluie… et rafales, parait-il à 70km/h, qui nous rappelaient les belles heures de « 360° à l’ombre » sur les plages australiennes.
Après une tournée des bars de Nogent pour amortir la déception, et le plaisir de découvrir deux autres équipes (le frais duo d'Impers et Passes et leurs yaourts, et "Dans mes bras", un étonnant couple qui nous invite sous sa yourte pour un petit tour de piste musical entre rires et grimaces...),
enfin le grand jour est arrivé : la nuit est tombée ce samedi 23 juin, comme prévu, et environ 150 personnes se sont finalement retrouvées sous les étoiles et sur les transats, avec des couvertures quand même, pour découvrir cette nouvelle version théâtralo-cinématographique des aventures de nos deux amoureux.
Elles ont eu l'air d'apprécier... à l'applaudimètre, comme on dirait sur TF1...
Légendes des photos : dans l'ordre !
L'entrée de notre plateau de tournage...

Un écran dans le vent, ça se balance...

Après la pluie, on attend la nuit... Admirez les transats...

Jusqu'au bout, on aura scruté le ciel...

Enfin, la nuit tombe sur le donjon

Magie du cinéma : la mer à Nogent !

Et voilà un réalisateur toujours serein...

samedi, juin 23 2007
Par Les équipiers du Tournage, le samedi, juin 23 2007, 16:45 - Ce qu'ils en ont pensé...
Plein les mirettes, plein la mire !
Samedi 26 mai à la Halle verrière de Meisenthal, première de "L'éternel tournage" de la compagnie Amoros-Augustin. Si la compagnie a déjà exploré le mythe de Tristan et Yseut dans "Le Chant d'Essylte", il s'agit cette fois d'en montrer le tournage. Au centre le plateau, avec décors, caméras, projecteurs, des deux côtés le public, au fond un écran géant. Comédiens et techniciens se mêlent, se filment dans une sarabande réglée au millimètre. Sur l'écran un étonnant noir et blanc trembloté fait contraste avec les costumes très colorés. On pense à Dreyer, à Murnau. Le jeu outré des comédiens accentue cet effet expressionniste. "L'éternel tournage" est un formidable hommage à ce cinéma des premiers âges où un peu de carton et des bouts de ficelle pouvaient faire vivre des romans épiques. Au début on se surprend à passer de l'écran au spectacle en direct pour comprendre les "effets spéciaux" puis peu à peu l'histoire reprend le dessus. Les comédiens changent de rôle, participent au tournage sans temps mort. Musique et bruitages sont également faits en direct et participent à l'animation du plateau. Le cinéma, c'est le domaine de la préparation minutieuse, des mises en place interminables. L'art scénique c'est le monde de la spontanéité, de l'énergie. "L'éternel tournage" arrive étonnamment à marier les deux dans un art nouveau (le cinéthéâtre ?) mêlant théâtre, vidéo, manipulation de façon saisissante (ah ! ce fabuleux dragon, cette nef traversant les mers). Si on salue la performance artistique de toute l'équipe, on se laisse surtout envahir par les magnifiques images du spectacle. A recommander à tous, petits et grands, qui aiment qu'on leur raconte de belles histoires.
Rolles (la chanson de Roland)
in "Culture pour tous", Revue des mondes parallèles, à paraître juillet 2007
lundi, juin 18 2007
Par Les équipiers du Tournage, le lundi, juin 18 2007, 14:09 - Ce qu'ils en ont pensé...
Dernières Nouvelles d’Alsace 31 mai 2007
Tristan et Iseut… comme au cinéma
Lors du festival « Demandez-nous la lune », samedi à Meisenthal, la Compagnie Amoros et Augustin a présenté son dernier grand spectacle, une adaptation inédite et pour le moins originale de Tristan et Iseut. Une première représentation unanimement saluée par quelque 500 spectateurs.
Samedi soir à la halle Verrière de Meisenthal, le public, installé de part et d’autre de l’aire scénique, était convié à la première de « L’éternel tournage », dernière création de la compagnie Amoros & Augustin. Le collectif strasbourgeois a décidé d’adapter un grand classique de la littérature médiévale. Mais c’est une toute autre version de Tristan et Iseut qui se joue sur scène. Si la trame du récit et les personnages sont fidèlement représentés, le public assiste avant tout au tournage de la pièce. En direct. Pendant près d’une heure et demie, onze comédiens, musiciens et techniciens se mobilisent pour faire revivre les amants de Cornouailles, sur grand écran et en noir et blanc. Le jeu des comédiens croise la valse des machinistes et cadreurs, les décors se font et se défont, discrètement grâce à la maîtrise de la lumière. L’effet est garanti, la performance réelle. La musique aussi se joue en live, le feulement du sax basse rendant l’atmosphère encore plus dramatique.(…) Et « L’éternel tournage » utilise toutes les ficelles du spectacle : musique, vidéo, effets spéciaux, marionnettes et jeu théâtral. Le tout réglé comme du papier à musique. Une formidable performance technique et artistique. V.W.
vendredi, juin 15 2007
Par Les équipiers du Tournage, le vendredi, juin 15 2007, 16:46 - Ce qu'ils en ont pensé...
CRITIQUE TELERAMA
L’Eternel Tournage Par la Cie Amoros & Augustin
Un « Tristan et Iseut » trafiqué et truculent.
(NDLR : "truculent" : "qui a ou qui veut se donner une apparence farouche, terrible. Haut en couleurs, qui étonne et réjouit par ses excès. Pittoresque. Savoureux". (Petit Robert 2006).

Luc Amoros, metteur en scène alsacien, ne cessera-t-il donc jamais de pousser Tristan, ce grand dadais, dans les bras d’Iseut, la femme de pouvoirs ? Il y a quelques années, il peignait leur passion amoureuse sur une bâche, avec une caméra et quelques pots de peinture (Le Chant d’Essyllt). Aujourd’hui, il jette en plein air cinq comédiens et trois techniciens dans une bataille où chacun semble tenir tous les rôles. Iseut, en changeant de chapeau, incarne un baron félon. Brangaene, la suivante, sera successivement Frocin le nain et Iseut aux blanches lèvres, la rivale. Aux menteries du récit (le philtre, l’échange de fiancée dans le lit de noces) répond une débauche de trucages. Les épées sont en bois, le dragon ne mesure pas plus de 40 centimètres, Frocin le nain (étonnante Brigitte Gonzalez) semble de tous les plans, avec sa perruque rose bonbon… Pendant ce temps-là, sur une façade voisine, en noir et blanc, les scènes filmées et trafiquées en temps réel puisent des reflets expressionnistes du côté d’Eisen_stein. On prend plaisir à ce joyeux bazar. Mais il ne faut avoir peur ni du fouillis ni du carton-pâte. Mathieu Braunstein
Les 22 et 23 juin à Nogent-le-Rotrou, dans le cadre du festival Excentrique (www.excentrique.org) ; les 6 et 7 juillet à Alès (Cratère Surface) ; du 19 au 22 juillet à Chalon-sur-Saône ; du 22 au 25 août à Aurillac ; le 4 octobre à Sotteville-les-Rouen ; le 27 octobre à Châlons-en-Champagne.
Télérama n° 2996 - 16 Juin 2007
vendredi, mai 18 2007
Par Les équipiers du Tournage, le vendredi, mai 18 2007, 14:59 - L'image ou la phrase du jour
Notre preux chevalier a d'autres cordes à son arc...
Et Cocteau l'inspire...
Voici donc son Tristan et son Iseut...



jeudi, avril 19 2007
Par Les équipiers du Tournage, le jeudi, avril 19 2007, 11:07 - Ceux qui nous accompagnent
Bien joué, Jeanne ! L'arrivée d'une femme par chez nous, c'est un signe... pour Iseut...

mardi, avril 17 2007
Par Les équipiers du Tournage, le mardi, avril 17 2007, 20:05 - L'Eternel Tournage au cinéma (le vrai...)
Tournage du film : L'éternel retour, Extraits du JOURNAL de Jean
Cocteau (1942-1945)
5 juin 1943_... Retournons au lac de (à
Meillerie). Sept heures du matin. Le temps d'y arriver avec les voitures, toute
la côte devient invisible et des paquets de brumes roulent du haut des
montagnes. Impossible de tourner. C'est l'attente de chaque jour, dans ce petit
hôtel qui serait agréable à une époque libre. Les belotes, le baccara, Roland
et sa guitare. Comme je ne joue ni aux cartes ni de la guitare, je traîne dans
ce vide, incapable de penser à quoi que ce soit. A droite, en suivant la côte,
c'est la maison ou Wagner écrivait Tristan (…)Au bord du lac, je m'asseyais
avec un cahier et un crayon et je rêvais d'écrire une pièce sur le roi Midas.
Je trouvais des titres, mais j'étais incapable d'écrire des oeuvres. Maintenant
je peux écrire les oeuvres et je ne trouve plus de titres. C'est le cas du
film. Je l'ai appelé L'Eternel Retour, à cause de Nietzsche. Mais les salles de
cinéma ne connaissent pas Nietzsche, et ce titre a l'air d'un mauvais titre de
film. Mais on a pris l'habitude de dire L'Eternel Retour. C'est écrit sur les
voitures, les camions, les papiers à lettres de la firme. J'aurai donc toutes
les peines du monde à changer ce titre que je n'aime plus et dont personne de
nous ne voulait. Le film devrait s'appeler Tristan. J'y joindrai, après le
générique, quelques lignes explicatives. D'autre part, si j'annonce Tristan, on
trouvera que l'histoire est réduite et elle paraîtra dépourvue de son appareil
de magnificence._Le lac nous a donné des images plus dépaysées que la Côte
d'Azur. Nous n'avons pu prendre que des scènes grises. Le soleil se refuse et
on gèle. Aujourd'hui nous rentrons à Nice, tourner la mort de Patrice, dans la
resserre à bateaux. Après, nous reviendrons ici tourner les scènes de
soleil
Studio Nicea. Mardi 9 juin 1943_... Les ennuis
de ce film ont toujours été pour son bien. La permission de tourner au bord de
la mer nous arrive trop tard. Cela nous a donné la chance de faire notre
travail d'extérieur sur le lac de Genève avec des vagues et des nuages
magnifiques. Ici, sur la côte, c'est le calme et le ciel plat. Nous
retournerons samedi sur le lac, terminer les scènes de soleil. _Ce matin, nous
devions tourner la dernière image du film. L'appareil s'envole et laisse
Jeannot et Madeleine, morts, côte à côte, sur la barque, dans le vide. J'avais
souvent pensé à cela en écoutant Tristan (note : l'oeuvre de Wagner). Marc
et ceux qui vivent ont l'air de s'éloigner, de rapetisser à vue d'oeil. C'est
la fin des Enfants Terribles._Or, à la dernière minute, la grue qui enlève
l'appareil se trouve trop près du mur du fond et l'image se présente à pic.
Journée perdue. Nécessité de construire un travelling qui monte comme la grue,
mais en ligne droite. Il en résulte que la perte de temps nous fait gagner la
stabilité de l'image qui se dépouille à la fin et montre les deux morts dans le
vide, sans les filets et les barques._Admirable jeu de cinéma, incompréhensible
pour ceux qui ne vivent pas dans ce casino des prises de vue. J'ai passé trois
jours que je n'échangerais contre rien au monde. Jeannot tournait sa mort.
C'était si religieux, si violent, si émouvant, cela se passait dans un tel
silence des machinistes et des habilleuses, que j'oubliais toutes les haines et
toutes les sottises. Couvert de sueur et cloué par le mal sur cette barque à
l'envers, Jeannot agonisait et recommençait sans cesse son agonie. Je me
demande quel acteur réussirait ce tour de force et dépenserait son âme sans
compter comme je le lui ai vu faire. Ce matin, à la projection, le fragment que
j'ai eu la chance de voir me semble d'une beauté extraordinaire. L'appareil de
cinéma enregistre l'invisible : ce à quoi l'acteur pense... le respect du
personnel... les ondes qui émanent de l'auteur et du metteur en scène.
L'attitude de Roland Toutain était significative. Il adore Jeannot. Il n'était
plus question de rire, de plaisanter, de danser, de jouer de la guitare. Même
entre les prises, il se penchait sur son visage avec tendresse et répétait son
rôle. C'est pourquoi, à l'écran, ce matin, sa figure devenait si poignante et
si belle._Envisagé sous cet angle, le cinéma est une merveille dont je tire des
jouissances profondes. Mais comme on ne l'envisage jamais sous cet angle, les
gens à qui on en parle se demandent si on est fou. Ecrire avec des objets, avec
des lumières, avec des gestes, avec des visages - voilà un travail qui me
convient.
11 juin 1943_.... Le plan où il meurt et où
son visage encombre tout l'écran montre, comme un documentaire terrible, le
passage de la vie à la mort. A peine a-t-il chuchoté la fameuse phrase de
Tristan : «Je ne peux pas retenir ma vie... plus longtemps» que les
moindres lignes de son visage se fixent, se détendent, s'allongent, prennent le
large, comme une grande épave._Delannoy estime qu'il n'a jamais vu de mort à
l'écran qui lui soit comparable. Il nous reste à voir la scène où Natalie
s'allonge près de Patrice («Patrice, me voilà») le plan de l'appareil qui
s'envole - et le plan final où les barques, les filets, les colonnes qui
disparaissent, ne laissant que les voûtes, les ombres, le soleil qui entre, et,
au milieu, les amants morts sur la barque renversée, comme un pavois
royal._J'avais drapé leurs manteaux et leurs couvertures. C'était comme un
dessin de moi dans une architecture de Chirico. _... Le cinéma, quelle écriture pour un poète ! Le texte n'est
pas l'écriture dont je parle. C'est l'image, la chasse à l'image et la manière
dont ces images s'emboîtent et forment la chaîne d'amour._Le petit personnel du
cinéma est étonnant de gentillesse et de goût. Il est rare qu'un machiniste
auquel on demande d'arranger des objets du décor ne les place pas avec grâce.
(…)Avant-hier, Sologne et Marais devaient rester immobiles sur leur barque
pendant deux heures. Ils ne devaient pas déranger le moindre pli. Autour d'eux,
on démolissait le décor et on déménageait les barques. La poussière et la
fatigue les épuisaient. En outre, ils étaient couchés sur des filets dont les
bouchons leur torturaient le dos._Pendant la prise, un arc saute. La réparation
dure un quart d'heure. Après la prise, c'était le photographe. Une fois les
lumières éteintes, personne n'a pensé à les remercier de leur effort. J'avais
si honte que j'ai dit à Delannoy de le faire. Il a été les embrasser dans leur
loge, mais un peu tard.
(…)Le plan de la mort de Patrice et celui de la mort de Natalie sont de grandes merveilles. Ceux qui liront ces lignes ne sauront même plus de quoi je parle, car un film est fugace et sa faiblesse est d'être soumis au progrès. C'est dommage. J'ai vécu là des minutes que je souhaite de vivre à toute la jeunesse de l'avenir.
Et si vous voulez en savoir plus sur Cocteau, copiez-collez cette adresse dans votre navigateur :
http://leonicat.club.fr/cocteau/textes.html
mercredi, avril 11 2007
Par Les équipiers du Tournage, le mercredi, avril 11 2007, 17:41 - Les origines...
Voici le journal de tournage de L’Eternel Tournage...
que nous espérons le plus éternel possible…
C'est chrono-logique (eh oui, le temps nous rattrape tous les jours) mais
n'hésitez pas à vous promener dans les rubriques-catégories, là, à
droite : qui est qui, qui fait quoi, des petits plus sur la compagnie...,
l'image du jour, ceux qui nous accompagnent, le point de vue du
chien,...etc...
Bonne route !

Un livre de bord,
un carnet de notes et croquis,
un journal (presque) intime de la création au jour le jour,
les impressions de voyages, un cahier de souvenirs pour l'avenir
Photos, vidéos, dessins, paroles, signes…
en attendant les bonus, les scènes coupées, le making-of, tout sur le mythe
de Tristan et Iseut, le bêtisier, le dessous des trucages, la vérité sur le
point utilisé pour coudre les costumes, l’interview du bruiteur, tout sur
l’enfance du chef, le film de la destruction des décors en mer d’Irlande, la
recette authentique du philtre d’amour, et moult autres réjouissances que vous
pourrez retrouver sur la toile, télécharger, podcaster, acheter en DVD, sans
compter les blogs pirates et les produits dérivés...
Bon, on n’est pas sûrs de tout réaliser… Fabriquons déjà LE film tous les jours...
Bruno
mardi, avril 10 2007
Par Les équipiers du Tournage, le mardi, avril 10 2007, 22:19 - Répétitions...au fil des séquences
Où l'on voit les flots tourmentés ramener Iseut auprès de Tristan agonisant. Parce que "cette histoire est d'amour autant qu'elle est de mort" mais elle est aussi bien de mer. En barque dérivant, pour Tristan ou en bateau conquérant pour Iseut les aller-retours sont constants ; entre la Bretagne, la patrie de Tristan et l'Irlande, la matrie d'Iseut (sa mère en est la reine).
(Quel endroit mieux choisi, plus inspirant, pour nous que de terminer notre petit cycle de résidences en Bretagne...?)
Brigitte


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