Film construit en direct par une équipe de comédiens-musiciens-cameramen et de figurants recrutés et formés à chaque « étape », sur un plateau de tournage installé « dans la rue », non loin de l’écran de contrôle du réalisateur ; cet écran sera « mis à disposition » du public assistant au tournage, par exemple en projection sur une façade de la place…

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(croquis de travail pour les décors – Anne Royant)

Autrement dit, les spectateurs assisteront simultanément à la fabrication d’images sur le plateau (jeu d’acteurs passant très vite d’un poste de prise de vue à un autre, manipulations de maquettes, de marionnettes ou de fonds d’images enregistrées, éléments sonores, bruitages, musique, etc) et à leur tournage au profit d’un récit monté en direct et projeté sur grand écran grâce à une régie de montage-vidéo.

C’est bien sûr à une forme très particulière de récit que les spectateurs assisteront sur l’écran. Car il ne s’agit ni de la captation directe d’une pièce de théâtre, ni de la simple reconstitution artisanale et parodique d’un film de cinéma ou de télévision.

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(page du storyboard d'origine - Sylvain Dorange)

L’image projetée ne constituera elle-même qu’un élément du spectacle au même titre que le jeu des comédiens, des figurants, voire du public lui-même qui pourrait être spontanément sollicité.... Pour le spectateur coexisteront 2 spectacles simultanés, à savoir l’espèce de tournage frénétique, en continu, faisant appel à une forme d’ubiquité des acteurs, et celui de l’écran, sorte de synthèse, produit terminal d’une opération alchimique. Mais c’est bien sûr un troisième spectacle encore qui nous intéresse ; celui que le spectateur fera exister à partir du rapport qu’il voudra lui-même établir entre les 2 visions qui lui seront offertes.

Car enfin, au-delà des différentes formes de jeu scénique, ce sont deux manières de traiter le temps et l’espace à travers une même fiction qui cohabiteront et seront liées indéfectiblement dans un rapport de cause à effet.