CRITIQUE TELERAMA

L’Eternel Tournage Par la Cie Amoros & Augustin

Un « Tristan et Iseut » trafiqué et truculent.

(NDLR : "truculent" : "qui a ou qui veut se donner une apparence farouche, terrible. Haut en couleurs, qui étonne et réjouit par ses excès. Pittoresque. Savoureux". (Petit Robert 2006).

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Luc Amoros, metteur en scène alsacien, ne cessera-t-il donc jamais de pousser Tristan, ce grand dadais, dans les bras d’Iseut, la femme de pouvoirs ? Il y a quelques années, il peignait leur passion amoureuse sur une bâche, avec une caméra et quelques pots de peinture (Le Chant d’Essyllt). Aujourd’hui, il jette en plein air cinq comédiens et trois techniciens dans une bataille où chacun semble tenir tous les rôles. Iseut, en changeant de chapeau, incarne un baron félon. Brangaene, la suivante, sera successivement Frocin le nain et Iseut aux blanches lèvres, la rivale. Aux menteries du récit (le philtre, l’échange de fiancée dans le lit de noces) répond une débauche de trucages. Les épées sont en bois, le dragon ne mesure pas plus de 40 centimètres, Frocin le nain (étonnante Brigitte Gonzalez) semble de tous les plans, avec sa perruque rose bonbon… Pendant ce temps-là, sur une façade voisine, en noir et blanc, les scènes filmées et trafiquées en temps réel puisent des reflets expressionnistes du côté d’Eisen_stein. On prend plaisir à ce joyeux bazar. Mais il ne faut avoir peur ni du fouillis ni du carton-pâte. Mathieu Braunstein



Les 22 et 23 juin à Nogent-le-Rotrou, dans le cadre du festival Excentrique (www.excentrique.org) ; les 6 et 7 juillet à Alès (Cratère Surface) ; du 19 au 22 juillet à Chalon-sur-Saône ; du 22 au 25 août à Aurillac ; le 4 octobre à Sotteville-les-Rouen ; le 27 octobre à Châlons-en-Champagne.

Télérama n° 2996 - 16 Juin 2007