Et un oeil critique de plus !
Par Les équipiers du Tournage le samedi, juin 23 2007, 16:45 - Ce qu'ils en ont pensé... - Lien permanent
Plein les mirettes, plein la mire !
Samedi 26 mai à la Halle verrière de Meisenthal, première de "L'éternel tournage" de la compagnie Amoros-Augustin. Si la compagnie a déjà exploré le mythe de Tristan et Yseut dans "Le Chant d'Essylte", il s'agit cette fois d'en montrer le tournage. Au centre le plateau, avec décors, caméras, projecteurs, des deux côtés le public, au fond un écran géant. Comédiens et techniciens se mêlent, se filment dans une sarabande réglée au millimètre. Sur l'écran un étonnant noir et blanc trembloté fait contraste avec les costumes très colorés. On pense à Dreyer, à Murnau. Le jeu outré des comédiens accentue cet effet expressionniste. "L'éternel tournage" est un formidable hommage à ce cinéma des premiers âges où un peu de carton et des bouts de ficelle pouvaient faire vivre des romans épiques. Au début on se surprend à passer de l'écran au spectacle en direct pour comprendre les "effets spéciaux" puis peu à peu l'histoire reprend le dessus. Les comédiens changent de rôle, participent au tournage sans temps mort. Musique et bruitages sont également faits en direct et participent à l'animation du plateau. Le cinéma, c'est le domaine de la préparation minutieuse, des mises en place interminables. L'art scénique c'est le monde de la spontanéité, de l'énergie. "L'éternel tournage" arrive étonnamment à marier les deux dans un art nouveau (le cinéthéâtre ?) mêlant théâtre, vidéo, manipulation de façon saisissante (ah ! ce fabuleux dragon, cette nef traversant les mers). Si on salue la performance artistique de toute l'équipe, on se laisse surtout envahir par les magnifiques images du spectacle. A recommander à tous, petits et grands, qui aiment qu'on leur raconte de belles histoires.
Rolles (la chanson de Roland)
in "Culture pour tous", Revue des mondes parallèles, à paraître juillet 2007

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