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Le Figaro, samedi 25 août 2007

Scènes de la vie courante dans les rues d'Aurillac

Par Françoise DARGENT

(…)Fracas de trompette Ainsi va le Festival d'Aurillac, le plus important du genre en la matière, entre grosses colères et petites séductions, oscillant entre le fracas de la trompette des amuseurs de passage, qui font sursauter les festivaliers, et les artifices des artistes qui les attirent la nuit tombée grâce des images projetées sur un mur. Car pour certains artistes, ce théâtre permet encore des exercices de style que seule la rue est capable d'offrir. À l'instar de la compagnie Amoros et Augustin, qui revisite le mythe de Tristan et Yseult. Sagement assis sur des gradins, les spectateurs assistent au tournage d’un film consacré aux deux amants : une production à petit budget, un décor en carton-pâte, des acteurs qui multiplient les rôles. Les scènes se jouent sous leurs yeux et alimentent au fur et à mesure le film en noir et blanc qui est projeté sur le mur d'un immeuble. Le spectateur, embarqué et vite conquis, ne sait plus où donner de la tête. Les esthétiques se bousculent, celle du film muet et du soap opera. La belle légende doit se confronter au monde de l'artifice et du trucage. Le professionnalisme s'accommode du système D. Et lorsque la pluie commence à tomber, on sort les petits parapluies pour protéger les caméras. Du vrai théâtre de rue en somme.